interview

Cage Fight
Rencontre avec Rachel Aspe, ex chanteuse de Eths qui est allée poser sa voix en Écosse avant de revenir vers Londres pour rejoindre le groupe de Hardcore "Cage Fight". Initialement prévu pour le net, ce projet s'est concrétisé en album, puis en un vrai groupe de scène. Un groupe où l'on retrouve entre autre James Monteith de TesseracT. Leur 1er album éponyme tape dans le hardcore le plus pur avec force, puissance et énergie. Et la voix de Rachel !!

L&T: Salut Rachel. Peux-tu nous présenter "Cage Fight", pourquoi ce nom pour commencer, et comment tu t'es retrouvée dans ce projet ?
Rachel: alors pour le nom du groupe, je ne saurais te dire, car le groupe était déjà formé quand je suis arrivée. Ils m'ont juste demandé si ça me plaisait et j'ai dit que oui que ça sonnait trop bien, brutal, c'était parfait. Initialement, c'était un projet entre James et John qui sont amis depuis l'enfance et il y a eu le confinement et ils ont vu une cover que j'avais fait et ils ont vu que je cherchais un groupe et ils m'ont contacté et petit à petit ça s'est fait.

L&T: ils étaient à la recherche d'une voix féminine ?
Rachel : pas du tout. Au contraire, ils avaient besoin d'une voix masculine (rires). Au début, c'était John qui chantait et ce n'était pas prévu qu'ils aient besoin d'un chanteur. Mais, après, ils se sont dits que ça serait peut-être bien avec ma voix.

L&T: on va parler de cet album éponyme. Où nous entraînez-vous avec cet opus ?
Rachel : on va partout où il y a des frustrations et des choses à dénoncer.

L&T: quels thèmes vous abordez sur cet album ?
Rachel: beaucoup de thèmes qui peuvent être interprétés de différentes façons. Beaucoup de thèmes généraux aussi. Poursuivre ses ambitions, être fort. On dénonce pas mal d'injustices sociales et humaines. On parle aussi de harcèlements, enfin beaucoup de sujets actuels qui nous frustrent et sur lesquels on a envie de s'exprimer.

L&T: Qui a écrit les textes ?
Rachel: pour les thèmes, on travaille en commun. Par contre les textes, c'est John. Comme lui est un rappeur, il écrit super bien. C'est très fluide. Il a l'habitude des flows. C'est une machine en fait (rires). En fait, on lui propose des thèmes avec quelques idées et il arrive à nous sortir des textes très rapidement. Après, je trouve les patterns et à partir de là, on peut rajouter des choses. C'est un vrai travail d'équipe.

L&T: c'est la frustration due à la pandémie qui vous a énervé, je trouve cet album super puissant, et même "violent". Vous avez misé sur l'efficacité des riffs, sur la puissance ?
Rachel: ce n'est pas que la pandémie qui nous a énervés (rires). C'est la vie en général. James dans Tesseract fait de la musique complètement différente et il avait besoin de se défouler un peu. Moi, c'est pareil après toutes mes expériences, après Eths, j'avais aussi besoin de m'énerver et de me défouler. John, c'est pareil. Et Nick, c'est juste un bourrin à la batterie qui tape comme un malade (rires).

L&T: je ne sais pas si tu vas pouvoir me répondre, mais dans "Cage Fight" c'est ce que James ne peut pas faire avec Tesseract, une sorte de défouloir ?
Rachel: en fait, il a toujours été fan de hardcore. Mais Tesseract lui prend beaucoup de temps et c'est normal. Mais là, comme tout le monde, il a eu un peu plus de temps donc il en a profité. Il a besoin de cet équilibre, je pense.

L&T: c'est vrai que c'est quand même bien violent, ne serait-ce que la reprise de Body Count "Bitch in the Pit". Comment peut-on le définir musicalement, car on retrouve un peu de tout ? Du thrash, du hardcore comme si vous vouliez évoluer dans tous ces styles ?
Rachel: nous, on le définit comme du "Métal Hardcore Crossover". Comme ça, on ne se met pas de limites. On va vers ce qu'on a envie. Trash, Hardcore, c'est vraiment comment on ressent le truc. On ne se pose pas vraiment de limites non.

L&T: Je lisais que James avait voulu revenir à du groove simple mélangé à de l'agressivité" genre Biohazard ou Madball. Ce sont tes références aussi ?
Rachel: oui oui. Exactement. Ça fait partie de mes références. Avec Hybrid, Wall of Jericho, tous ces groupes qui font partie de ma vie musicale si tu veux.

L&T: toi aussi, on sent bien que tu avais besoin de revenir à cette violence. On te sent complètement impliquée dans ce projet ?
Rachel: moi, j'ai plusieurs influences. Mais dans d'autres influences que j'ai, il y a plus de contrôle dans la voix, tandis que là, dans le hardcore, tu n'en as pas vraiment besoin. Tu peux mettre du contrôle bien sûr, mais c'est bien aussi de pouvoir se lâcher (rires). C'est ça qui est bien.

L&T: ça te permet d'avoir aussi un équilibre ?
Rachel: oui, c'est ça.

L&T: comment vous avez travaillé pour cet album ? Ensemble, à distance ? Comment s'est déroulé le processus de création ?
Rachel: au début, on ne se connaissait même pas !! Quand on a sorti la 1re démo, on ne s'était jamais vu. J'étais en France et ils étaient à Londres, donc on faisait tout sur Internet. On a d'ailleurs écrit plusieurs morceaux sur Internet. Mais on a vraiment quasiment tout fait à distance. Je pense qu'on a dû se voir 2 fois avant l'album. C'est vraiment facile avec Internet. Je peux m'enregistrer à la maison.

L&T: ça doit te changer de la manière de travailler que tu avais avant ?
Rachel: dans ETHS, c'était Stef qui faisait tout donc je ne faisais que participer (rires).

L&T: ce que je veux dire, est ce que ça te plaît de pouvoir travailler comme ça, à distance, ou bien, le contact reste quand même important ? Créer en direct avec les gars en face, c'est pas mal aussi non ?
Rachel: en fait, on se contactait beaucoup plus que ce qu'on faisait avant. On s'appelait très souvent. On parlait longtemps pour ajuster et arranger les choses. Beaucoup beaucoup de discussions. Il y a eu une super bonne communication, et je pense que c'est ça la clé.

L&T: je ne te demande pas si cet album a été taillé pour la scène, c'est une évidence ?
Rachel: au début, ce n'était même pas prévu pour ça. Ce n'était vraiment qu'un projet internet. Mais après, au vu des chansons, de l'énergie, on s'est dit que ça ne pouvait pas rester qu'un projet pour le net.

L&T: vous avez pu le tester sur scène ?
Rachel: oui oui. On a réussi à faire quelques petits concerts pour voir comment le public réagissait et ça s'est super bien passé. Par la suite, on a eu une petite tournée et on a ouvert aussi pour Napalm Death. Ce dernier concert était notre plus gros. Il y avait pas mal de monde, et on a eu de bons retours. Et du coup, maintenant, on est vraiment motivé pour continuer.

L&T: vous avez modifié par la suite certains de vos compositions ?
Rachel: non. En fait, on a modifié des fois sur la scène même !! On joue comme ça vient, et des fois, on modifie les tempos, on s'amuse en fait. C'est ça qui est bien, c'est que ce n'est jamais pareil (rires). On se fait plaisir. Et on espère que ça fait aussi plaisir au public. Mais les retours étaient vraiment bons.

L&T: on va parler un peu de toi. Comment tu t'es retrouvée en Angleterre ? Tu n'as pas réussi à réellement trouver ta place dans ce milieu "Metal" Français ?
Rachel: après ETHS, je devais me retrouver dans un groupe écossais "Cerebral Bore". Voyant que ça prenait du temps, et je suis allée à Glascow et j'ai trouvé du travail dans un shop de tatouages. Cerebral Bore, ça n'a pas marché. Mais comme le shop de tatoo était super bien, du coup, je suis restée. Mais je ne suis restée que pour le tatouage. Puis est venu Cage Fight, et là, mon patron m'a dit "J'ai l'impression que tu préfères ton groupe plutôt que les tatouages, donc tu es virée". Du coup, je me suis dit que j'allais aller à Londres, puisqu'ils habitent tous là-bas. J'ai cherché du travail à Londres et me voilà (rires).

L&T: tu continues ton boulot de tatoueuse ? Tu as monté ton propre shop ?
Rachel: non, non. Je n'ai pas envie de monter mon shop. Je n'ai pas beaucoup d'expériences. Donc je préfère partager avec des gens qui ont plus de métier que moi et je continue à apprendre. Mais j'aime bien comme ça. Je travaille dans 2 endroits différents et j'aime ça.

L&T: tu penses qu'on va vous retrouver sur scène en France ?
Rachel: on espère à la rentrée. On essaye en tout cas. En fait, on ne s'attendait pas à avoir autant de dates et avec Tesseract, il faut s'organiser. Mais on espère qu'à l'automne, on pourra venir en France.

L&T: dernières questions pour terminer cette interview : peux-tu définir le groupe "Cage Fight" en 2 ou 3 mots ?
Rachel: en premier, je dirais Fraternité. Exutoire. Et Fun (rires).

L&T: et pour terminer : quel est le dernier morceau ou le dernier album que tu as écouté ?
Rachel: alors la dernière chose que j'ai écoutée... C'est un album de "Touché Amoré".

L&T: merci beaucoup, et j'espère à très vite en France.
Rachel: merci à toi.


https://www.facebook.com/cagefighthc


L&T le 11 Mai 2022
No One Is Innocent

Rachel Aspe & James Monteith

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