Live Report

Les Nuits de l'Alligator 2020
LE CABARET SAUVAGE 
Paris 16.01.2020
Une très belle seconde soirée à La Maroquinerie pour ce Festival des Nuits de l'Alligator 2020 avec deux artistes totalement à l'opposé musicalement, mais avec pour les deux un talent monstrueux. Ce sera le Québécois Bernard Adamus en duo avec Simon Pagé qui entamera les festivités. Puis ce sera ensuite Kelly Finnigan et son Soul Band qui se chargera du final. Beaucoup de monde, comme d'habitude pour ce festival, dès qu'arrivent sur scène Bernard Adamus et son compère.
"On va chanter du blues et ça va être déprimant". Dès le début de son show, on sent qu'on va passer un très bon moment plein d'humour et d'émotions. Il faut dire que les deux bonhommes se connaissent parfaitement, et leur complicité en est à un tel point qu'ils arrivent même à s'étonner eux même, si j'en juge par les rires qu'ils ont lorsque l'un surprend l'autre durant une chanson. Musicalement, on est effectivement par moment dans du blues profond, avec des mélodies très sobres et des textes parfois très drôles, parfois très acides, mais toujours très justes. Quelques passages par la folk, voire le rap, et toujours des titres et des paroles qui ravissent les quelques compatriotes qui comprennent totalement certaines chansons pas toujours évidentes pour nous "simples français" !! « Fuck You mon amour », « Back's son dos », « Donne moi z'en » par exemple, qui parlent des thèmes favoris de Bernard, à savoir "Le sexe, l'alcool et l'hiver". Même s'il s'en défend, il est un vrai poète de rue avec un regard autre sur la société. Il est à la fois décalé, provocateur et bienveillant. Un gars vrai, un gars sûr.
L'univers dans lequel va nous entraîner Kelly Finnigan est aux antipodes de celui de Bernard Adamus. Sur scène, des cuivres, des choristes, deux guitares, basse et batterie. Et bien sûr, lui et son Wurlizter. Kelly Finnigan, c'est dans la soul la plus pure qu'il va nous emmener. Une voix extraordinaire de soulman, puissant comme un chanteur de gospel possédé, des mélodies endiablées et des sonorités chaudes soutenues par les voix sensuelles des choristes et la chaleur des cuivres. On ajoute une section rythmique batterie, basse, guitares au top et vous avez tous les ingrédients pour faire bouger une Maroquinerie chauffée à blanc. Un Kelly Finnigan qui ne quitte quasiment pas son clavier, et entre sa voix et ses yeux perçants, il captive l'assemblée. Un retour dans le groove des sixties, avec quelques passages mélo-romantiques à souhait à quelques heures de la Saint Valentin. Un public aux anges qui en redemandera deux fois. Deux rappels qui confirmeront aux spectateurs qu'ils ont passé une superbe et très agréable soirée.

Remerciements : Isabelle et Barbara (BIPcom), La Maroquinerie.

Bernard Adamus

Image

Kelly Finnigan

Image

GALERIE PHOTOS