interview

Sanctuary
Une rencontre par mail avec le groupe Sanctury qui signe un très bel album "Resilience" qui sort le 27 novembre. Ce sont Antoine et Julien qui nous en apprennent plus sur eux.


L&T: Salut, pourriez vous présenter le groupe Sanctuary ?
Antoine: Bonjour ! Je suis Antoine, le guitariste chanteur de Sanctuary, je suis très content de faire cette interview avec toi, Yann, et de rencontrer les lecteurs de Live & Tracks à qui nous souhaitons plein de bons articles !
Alors, Sanctuary a été créé en 2006 par 3 frères : Antoine (guitare/chant), François (clavier) et Julien (batterie). Nous avons embauché notre cousin à la basse, rendant le projet 100% familial à ses débuts. Nous nous sommes lancés dans l’écriture d’une musique qu’on qualifierait de black metal symphonique (inspirée Dimmu Borgir, Children of Bodom, Cradle of Filth). Nous avons connu plusieurs changements de line-up, notamment à la basse, pour finalement embaucher Sonny (actuel bassiste du groupe) en 2013. C’est à partir de cette année que nous avons décidé de mettre un coup d’accélérateur, car en effet, jusque-là, nous n’avions rien sorti, mais seulement fait des concerts. En 2016, nous avons publié un premier EP "Beyond The Divine", suivi d’un premier album en 2018, "Le Choix Du Mal". Cette même année, François a quitté le groupe, ce qui a marqué un tournant important dans l’histoire du groupe. Nous avons eu un
nouveau claviériste pendant un an, mais nous sommes désormais une formation à 3, notre claviériste actuel, Axel, étant un membre de session. Nous sortons notre nouvel album Resilience, le 27 novembre.

L&T: Comment on se sent à quelques jours de la sortie ?
Julien: Impatient. Impatient de concrétiser un projet qui démarré il y a longtemps mais aussi impatient de découvrir la réaction des gens, que ce soit ceux qui nous connaissent déjà, comme ceux qui vont nous découvrir grâce à cet album.
Antoine: Impatient et excité à la fois ! J'appréhende un peu aussi, pour être honnête. C'est l'aboutissement d'un long travail, les attentes sont fortes. Je suis très curieux d'avoir le retour des gens, j'espère que ça plaira au plus grand nombre.


L&T: On trouve beaucoup de "Sanctuary" sur le net, des films, séries, groupes de musique, bouquins, vous n'avez pas eu peur en prenant ce nom d'être confondu ?
Antoine: C’est une bonne question. Il y a effectivement d’autres groupes du même nom. Mais lorsque nous nous sommes formés en 2006, nous n’avions pas cela à l’esprit. Nous étions adolescents, le nom nous plaisait beaucoup et on s’est lancés. La question d’être confondu avec d’autres groupes ne se posait pas
vraiment à un stade où nous ne faisions que quelques concerts par an autour de chez nous. On nous a déjà fait cette réflexion et même suggéré de changer de nom. Mais, aujourd’hui, nous y sommes très attachés, donc nous n’y sommes pas prêts.

L&T: Pourquoi ce nom, a t il une signification particulière ?
Antoine: Sanctuary, sanctuaire en français, rapporte au sacré. Le nom a été choisi assez spontanément à l’époque, mais, avec le recul, il résonne avec les thématiques que l’on aborde et l’importance que nous accordons à la création artistique, qui a, selon nous, une dimension sacrée de par son aspect intemporel. Même si nous ne savions pas forcément le justifier à l’époque, il nous a tout de suite plu parce qu’il avait du sens.

L&T: Comment définissez vous votre musique car on retrouve pas mal de styles ?
Antoine: Oui, c’est assez difficile de définir son propre style. On a déjà débattu plusieurs fois de la question. A l’origine, on se définissait comme du black metal symphonique, ce qui colle probablement assez bien à l’esthétique musicale de l’album "Le Choix du Mal". Mais il est vrai qu’aujourd’hui, on peut retrouver des
éléments death, prog, et groovy dans notre musique. On s’est redéfinis récemment comme groupe de "blackened death metal", parce que l’aspect riff/rythmique est probablement beaucoup plus proche du death, mais l’harmonie est très black metal, et la présence du clavier nous rapproche aussi de cette
esthétique. Peut-être que cette étiquette n’est pas tout à fait complète mais elle donne vraisemblablement une idée générale fidèle de notre style.

L&T: Pourquoi ce titre de "Resilience" pour votre album ? Quels thèmes vous abordez?
Antoine: Réponse aux deux questions d’un coup ! Resilience est un concept album, et le mot est à entendre dans sa connotation psychologique. Dans cet album, il faut voir la résilience comme le processus par lequel l’individu parvient à refaire émerger un moi sain, après avoir combattu ses démons intérieurs, responsables d’une vision déformée et dégradée de sa personne. L’album raconte les pérégrinations
mentales d'un être en lutte contre lui-même, ses victoires et ses rechutes. Chaque morceau aborde une facette différente du phénomène, et l’évolution du personnage.

L&T: Comment avez vous travaillez cet album ? Chacun de son côté, en commun, bref qui fait quoi ?
Antoine: L’écriture de Resilience s’est pas mal étalée dans le temps. Certains morceaux datent déjà un peu et ont été joués sur scène à plusieurs reprises (Mental Battlefield et Rise of The Unpossessed Self notamment), tandis que d’autres sont beaucoup plus récents (la composition de I, The Resilient s’est terminée début
2020). Le processus de composition a été impacté par l’évolution du groupe lui-même, à savoir le départ de François en 2018. Une partie de l’album a été composée avec lui. Suite à son départ, je suis devenu le compositeur principal, mais Julien a apporté une contribution plus importante aux morceaux.

L&T: Pour les textes c'est pareil ?
Julien: Pour les textes, c’est Antoine qui écrit tout. Les textes sont inspirés de ses ressentis et expériences personnelles. Au niveau du processus d’écriture, c’est très variable : certains textes sont très réfléchis, très cérébraux, et d’autres, beaucoup plus spontanés et bruts.

L&T: Vous travaillez d'abord la musique ou les textes ?
Juilen: La musique. Depuis toujours. Les textes viennent toujours après. Mais il n’y a pas spécialement d’explication à cela, ça s’est toujours fait comme ça, naturellement. Cela dit, tenter l’inverse doit être un exercice très intéressant. On nous l’a déjà suggéré. Pourquoi pas !

L&T: "Résilience" est il une suite aux albums et EP précédents ?
Antoine: Oui et non. En réalité, il s’agit plutôt d’une rupture car c’est le premier album de Sanctuary qui ne traite pas de la question religieuse. Cela étant dit, il y a quand même une dimension spirituelle dans cet album, une recherche de plénitude et de paix intérieure. Et en ce sens, l’album peut entrer en continuité avec ses prédécesseurs. Cet aspect spirituel est en quelque sorte le fil conducteur de Sanctuary.

L&T: Quelle(s) évolutions qu'elles soient musicales ou autres y a t il eu depuis les premiers sons ?
Antoine: Outre l'évolution de style évoquée auparavant, notre approfondissement de la théorie nous permet de proposer des morceaux plus complexes tant au niveau de l'harmonie que de la structure ou encore de la métrique. On cherche à faire une musique plus imprévisible sans verser dans le saugrenu. On cherche
aussi à avoir des partitions plus techniques, parce que c'est plus challengeant pour nous, sans pour autant être dans la démonstration, l'atmosphère étant le plus important. Outre l'spect musical, on soigne l'aspect visuel, ce qui devrait se voir dans ce nouvel album pour qui l'achètera en physique, notamment au niveau des maquillages que l'on a retravaillé pour l'occasion. De même, on a commencé
à réfléchir au type de light que l’on souhaite pour chaque morceau lors des concerts. Enfin, on a cherché à proposer quelque chose de plus pro, que ce soit au niveau de la prod ou de la promo, en travaillant avec des spécialistes de ces domaines.

L&T: Dans votre bio on lit beaucoup d'influences, mais il y a aussi "De façon plus discrète, le jazz, la musique classique et la musique électronique nourrissent également les compositions". Bon le classique OK. L'électronique d'accord, mais le Jazz, pas évident non ?
Julien: La question est intéressante parce que l’aspect jazz est finalement le plus simple à argumenter. L’aspect “classique” de la musique vient surtout du fait que le metal, et particulièrement le metal symphonique est naturellement très influencé par le classique. C’est particulièrement François qui revendiquait le classique comme influence. Aujourd’hui, on ne pourrait pas citer un compositeur classique en particulier dans nos références. Pour l’aspect électronique, c’est très discret. En fait, il y a des groupes classés dans l’électro (notamment française) dont les ambiances nous inspirent et qu’on essaye de réinjecter dans notre musique. Pour le jazz, et bien c’est une influence assez centrale. Il y a plusieurs artistes de jazz qui nous inspirent comme Herbie Hancock, Tigran Hamasyan, GoGo Penguin... Antoine a étudié le jazz pendant 2 ans et approfondi ses notions d’harmonie à travers ce style. Ce bagage a un impact important sur la composition dans Sanctuary. Dans "Resilience", cela peut se retrouver dans des morceaux comme "From The Depths et surtout "Where The Man Shines".

L&T: Vous avez déjà des idées pour continuer cette aventure musicale ?
Antoine: Nous n’avons pas trop discuté de l’après, mais la situation est tellement incertaine en ce moment qu’il est difficile de se projeter. Cela dit, toutes les portes sont ouvertes. On est fier de cet album et on a envie de le défendre. Donc la suite logique, dans un monde sans Covid, serait de faire un maximum de concerts pour assurer la promotion de "Resilience". Après, les idées ne manquent pas : faire des clips, et puis, commencer à composer tranquillement des nouveaux morceaux !

L&T: On arrive aux dernières questions rituelles. Pouvez vous définir le groupe Sanctuary en 2 ou 3 mots ?
Antoine: Pas facile ! Allez : sombre, brut, spirituel.

L&T: Dernière question: quel est le dernier morceau ou dernier album que vous avez écouté ?
Antoine: le nouvel album de Pain of Salvation (Panther).
Julien: le nouvel album de Avatar (Hunter Gatherer).
Sonny: le nouvel album de Freeze Corleone (LMF).


L&T le 27 Novembre 2020
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