interview

Karras
Une rencontre téléphonique avec Yann Heurtaux, Diego Janson, et Etienne Sarthou, le trio infernal du groupe Karras qui nous parle de "No More Heretic", leur premier album qui nous plonge dans l'univers de "L'exorciste" après la disparition de Fathzer Damien. Un univers bien particulier, death/grind à souhait. Un entretien réalisé avant le confinement.

L&T: Comment est né le groupe Karras. 3 musiciens de groupes différents, mais même passion ?
Etienne: Salut. Oui c'est ça. Ca fait longtemps qu'on avait envie de faire de la musique ensemble. Il y a quelques années j'ai rencontré Diego et on a commencé à jouer des morceaux et ainsi de suite.

L&T: Comment vous est réellement venu l'idée de cet album ? Déjà pourquoi ce nom ?
Etienne:  L'histoire est que Diego avait envie d'appeler le groupe Karras, mais la référence n'était pas du tout celle qu'elle est maintenant c'est à dire l'Exorciste.
Diego: C'était plutôt en rapport avec un livre de science fiction qui s'appelle "Le Berceau des chats" de Kurt Vonnegut et c'est la société secrète des Karras.
Etienne: Là, il m'a envoyé un texto en me disant qu'il a trouvé un nom cool. Et je lui réponds "Ah oui, comme dans l'Exorciste". Et lui n'avait pas du tout pensé à ça. Et on s'est dit que ce serait mieux de le relier à l'exorciste. Et du coup en à découler tout le concept de l'album.

L&T: Qu'est ce qui vous a attiré dans la vie de Father Damien ?
Diego: On avait surtout envie d'écrire la suite de la fin du film où il meurt. Nous, on avait pas du tout envie qu'il meure. Et donc on réécrit avec ce personnage de Karras qui promène entre l'enfer, la terre, le purgatoire. Et il lui arrive pleins de choses.

L&T: Les suites de l'Exorciste n'étaient pas inspirantes ?
Diego: Non. Nous, on est fan de l'Exorciste, le premier. Je pense que ce film n'avait pas besoin de suites.
Etienne: La vraie bonne suite c'est la notre. (Rires)
Diego: C'est ça, on replonge en 1974.

L&T: C'est un moyen détourné pour vous de nous plonger dans un univers noir et très cruel ?
Etienne: On ne se pose pas trop ces questions là. On est forcément plus attiré par le côté obscur plutôt que la lumière quand on fait ce genre de musique. On a trouvé ça fun, décalé, mais cohérent. Et Dark car on peut dire parfois des trucs un peu plus "vrais" dans cette fiction, mais de manière un peu détournée. Le concept était assez fun, et ça nous donnait des choses à dire. Ca nous a tout de suite parlé, et on a écrit des textes dans la foulée.

L&T: C'est quand même un projet, un album ultra violent, brutal peut être plus que violent, musicalement et même au niveau du texte. Qui a écrit les textes et musiques ?
Diego: La musique c'est Etienne et moi. On a échangé nos riffs, on a très vite fait des morceaux. Tout est venu vraiment très vite. On a gardé l'instinct primaire, les premières versions des morceaux. On a mélangé nos riffs et vraiment ça a matché tout de suite et c'était vraiment cool. Pour les textes c'est moi. J'ai écrit les textes après les musiques pour avoir un côté catchy des paroles. Et donc j'ai écrit cette fiction du Father Karras après sa défénestration. On commence à la fin du film.

L&T: Yann vous a rejoint après dans ce projet ?
Yann: En fait Diego m'a appelé pour savoir si je voulais participer à ce projet. Sans avoir écouté, je lui ai dit que je n'aurais sûrement pas le temps, car je serais très pris avec Mass. Mais on s'est vu quand même, et autour d'un café il m'a parlé du projet et m'a donné lun CD et j'ai mis un ou deux jours avant de l'écouter. Et quand je l'ai écoutré, j'ai pris une claque avec le boulot qu'ils avaient fait tous les deux. Et dieu sait que j'écoute beaucoup de choses et je suis rarement surpris. Et en fait j'ai été hyper séduit par le projet dans sa globalité, par la voix de Diego. Du coup je l'ai rappelé pour lui dire que ça allait être compliqué mais que j'allais le faire.
Après, je pense que j'ai bien intégré le projet. Et je me sens membre à part entière de ce projet.

L&T: Musicalement, difficile de réellement donner un style. C'est un mélange de plusieurs styles non, sans parler de références ?
Yann: Si on peut parler de références. Moi, je suis fan de Metal extrême depuis longtemps. Quand les Mass Hysteria sont venus me chercher, je jouais dans des groupes de Death Metal et je continue à en écouter tout le temps. Et dans Karras, j'ai retrouvé toutes ses références avec une voix impeccable de Diego. Je n'aime pas trop les voix très gutturales et j'ai vraiment adoré sa voix.
Diego: C'est une approche plus Trash on va dire au niveau de la voix. Des voix à la Slayer moins haut perchée qu'Exodus, mais dans la même intention. Une voix très agressive, mais pas gutturale. Karras, c'est un mélange de toutes choses qu'on kiffe nous trois. On est des grands fans de Death Métal, de Hardcore. On débat souvent sur les groupes qu'on aime ou qu'on n'aime pas. Et tout ce qu'on aime se ressent dans la musique de Karras.

L&T: La majorité des morceaux sont très courts certes intenses, pourquoi ce choix ?
Diego: C'est pas vraiment un choix. C'est comme ça. On s'est dit qu'il fallait qu'on garde l'instinct. On n'a pas de solos. On est trois dans le groupe donc il faut qu'on aille à l'essentiel. On fait des morceaux très courts, très intenses. C'était pas réfléchi.
Yann: J'aime bien aller droit à l'essentiel et des fois en 1 minute t'as tout dit, donc ça ne sert à rien d'en rajouter.
Etienne: Et puis c'est un style de musique assez rigolo car tu peux très bien avoir l'impression d'avoir inachevé ton morceau mais le fait d'avoir un autre morceau qui s'enchaîne tout de suite après, sans temps mort, fait que tu continues ton morceau précédent tu vois. Par exemple si tu prends un morceau tout seul, ça fonctionne pas, mais dans l'enchaînement de tous les titres ça te donne un ensemble très cohérent qui finalement t'emmène du point A au point B.

L&T: L'album a été composé pour la scène ?
Diego: On sait quand on l'a composé que ça va le faire sur scène. On ne s'est pas dit "on va faire des morceaux pour la scène". On fait des morceaux et on sait déjà qu'ils seront bons pour la scène. On a fait pas mal de concerts donc on sait, on sent tout de suite que ça prendra sur une scène.
Etienne: Ca fait parti de nous. On est tous musiciens depuis au minimum 20 ans. On a fait beaucoup de concerts, de tournées, on a envie de faire des disques pour pouvoir le défendre sur scène. L'un ne va pas sans l'autre.

L&T: Vous allez pouvoir vous retrouver justement sur scène hormis au Hellfest où vous serez cette année, avec vos emplois du temps ?
Etienne: On arrive quand même à pas mal se retrouver notamment pour les répétitions. Pour les concerts, on préfère privilégier les gros concerts en ce moment, comme le Hellfest comme tu l'a cité, mais oui, l'objectif est de trouver une période où on pourra faire quelques concerts regroupés pour ne pas géner les emplois du temps de chacun. Mais l'objectif est vraiment de pouvoir le défendre sur scène dès qu'on peut.

L&T: Combien de temps entre l'idée de l'album et sa réalisation ?
D: En fait on a pris un peu de temps car on a fait ça en plusieurs étapes. Au départ je faisais les guitares et Etienne la batterie. On a commencé à composer et un pote est venu nous dépanner à la basse. C'est Julien de The Butcher's Rodeo qui a enregistré la basse en studio. Moi, j'ai enregistré la guitare et Etienne la batterie forcément. Et là, je me suis aperçu que je ne pourrais pas faire guitare et chant. Et c'est là qu'on a fait appel à Yann. Je me suis mis à la basse car c'est plus facile basse/chant que guitare/chant. Tout ça s'est fait en plusieurs étapes et plusieurs mois avant de pouvoir sortir l'album.

L&T: Vous avez déjà des idées bien d'un second album. Ce serait une suite ou bien vous partirez complètement ailleurs ?
Diego: J'ai commencé à bosser sur une suite. Inventer une histoire autour de l'exorciste, donc je t'en dirais pas plus, mais j'ai déjà une idée au niveau des textes. Une idée vers quoi nous allons partir.
Etienne: Musicalement, on va aller dans une veine un peu plus Reggae !!! (Rires général)

L&T: Si vous deviez définir Karras le groupe en 2 ou 3 mots ?
Etienne: Très Très Cool (Rires)
Diego: En 3 mots, je dirais Yann, Etienne et Diego.

L&T: Dernière question, vous fréquentez toujours ces "vieux cinémas sombres" comme indiqué sur votre dossier de presse?
(Rires).
Diego: Ca c'est de l'intime ça !! (Rires) Si on était de visu, on pourrait en discuter, mais pas là par téléphone (Rires)

L&T: Merci beaucoup les gars.
Merci à toi.

Crédit Photo: Ben Tardif
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