interview

Haumea
Une rencontre par téléphone avec Seb, le batteur du groupe français Haumea. Il nous parle du groupe et de son dernier EP "Leaving". Des titres où français et anglais mélangés apportent poésie et puissance. Alors un groupe de Rock métal alternatif normand qui envoie, il n'en fallait pas plus pour chercher à les connaître.


L&T: Salut Seb, peux tu nous présenter le groupe et déjà pour quoi ce nom de Haumea, qui est le nom d'une planète naine si j'ai regardé dans Google ?
Seb: Salut. Oui c'est ça. Haumea est un groupe de rock métal d'Alençon et le nom vient d'une part de cette planète naine "trans-neptunienne" parce que notre musique se veut un peu aérienne, spatiale, un peu intemporelle mais aussi c'est aussi le nom d'une divinité hawaienne qui est la déesse de la fertilité, de la naissance et de la renaissance aussi. Et comme nous avions des parcours différents dans le milieu musical, cela permettait de regrouper tous nos univers musicaux dans une même entité.

L&T: Avant de parler de "Leaving" votre nouvel EP, commet définis tu votre musique, car on retrouve pas mal de styles différents ?
Seb: Haumea flotte en plusieurs univers. Du métal au hardcore enpassant par du rock progressif et alternatif, on essaie de naviguer dans toutes les eaux. C'est ce qui fait un peu l'originalité du groupe, on veut que chaque titre ait son identité.

L&T: Hardcore par moments, mais sans vraiment plongé dedans?
Seb: On frôle les différents styles mais sans voulir en avoir l'étiquette.

L&T: C'est brut, assez agressif, mais aussi avec pas mal de passages mélodiques, Si je prends "Sick" ou "Breath", c'est l'exemple type de votre signature musicale?
Seb: Oui. Principalement "Breath". C'est pour ça qu'on en a fait le clip pour cet EP. "Breath" c'est des moments très lourds, très puissants et rageux, puis de la mélodie très aérienne pour revenir sur du "criard" très profond. On essaie de faire ressentir beaucoup d'émotions à travers nos morceaux. C'est un peu notre cheval de bataille.

L&T: J'ai écouté votre 1er EP, il me semble qu'il était plus "violent" musicalement, qu'est ce qui vous a emmené vers un son toujours puissant, agressif, mais quand même plus posé ?
Seb: Je pense que c'était nos envies du moment lors des compositions. On a composé sans avoir de références à "Unborn" le 1er EP. On a pas tenu compte à ce que l'on a fait précédemment. On a fait ce que l'on voulait faire sur l'instant. Les morceaux sont sortis tels quels même si "Breath" par exemple date de l'époque de "Unborn". Mais il ne correspondait pas à cette fameuse couleur musicale que l'on recherchait à l'époque. On l'a remanié plusieurs fois depuis pour finir à ce qu'il est maintenant. Mais c'est vrai que ce nouvel EP est moins violent et plus mélodique, plus profond. Il y a plus d'empreintes musicales que dans le 1er.

L&T: Pourquoi ce choix de faire des chansons en français, en anglais, voir les 2 dans une même chanson?
Seb: C'est très simple. On n'a pas utilisé notre notre langue maternelle pour le 1er album. Et comme Niko, le chanteur, était dans un groupe de rock français précédemment, on a voulu utiliser son chant et ses textes en français tout simplement. Sans oublier que la langue de Molière est une langue poétique. Et nous on veut faire transparaître des émotions et le français s'y prête bien. Surtout pour tout ce qui est métaphorique. Et on a garder l'anglais pour tout ce qui est "punch line".

L&T: Quels thèmes vous abordez sur "Leaving"?
Seb: On s'est d'abord inspiré de nos vécus personnels. Tristesse, chagrins, addictions. Des thèmes assez récurrents un petit peu partout sur le globe. On touche aussi à la cause écologique surtout sur "Bones" qui est un morceau un peu à part. La ligne directrice de cet album est quand même un constat d'échec sur ce que fait l'être humain.

L&T: Comment vous travaillez pour vos albums? Qui écrit, est ce que vous vous retrouvez pour composer ensemble?
Seb: En règle générale, Andy vient en répét avec des riffs et on essaie de broder autour de ça. On part en petit boeuf, et si ça accroche, ça part en compo sur laquelle Niko met du texte. Puis tout le monde collabore pour les arrangements. Soit Niko signe intégralement les textes, soit il y a de la co-écriture entre les membres du groupe ce qui est arrivé sur un des morceaux.

L&T: Vous avez enregistré en France, mais le mix a été fait par "Magnus Lindberg Productions" en Suède, pourquoi ce choix, vous cherchiez une sonorité particulière?
Seb: C'est exactement ça. On était tous très content du travail fait par Sébastien sur le 1er EP. Pour le second, comme il sonnait moins "brutal", on a cherché une teinte typée Rock Métal US. Et en ce penchant bien sur les divers masters, on est tombé sur "Magnus Lindberg Productions". On a vu qu'il avait collaboré avec d'autres groupes français, donc on s'est dit "pourquoi pas nous". On s'est payé le culot de le faire et le résultat est plus qu'agréable à écouter. Il a été à la moindre écoute de ce que l'on voulait, mais on voulait surtout qu'il nous apporte son expérience sur ce travail. Et ce qu'il a rendu est plus que bien.

L&T: "I Know Them", est peut être la chanson qui se démarque du reste de cet EP. Pour le texte assez poétique en premier lieu et par ce petit hommage à Iggy Pop avec le fameux "i want to be your.... cat" ? Pourquoi un chat ?
Seb: Parce qu'on voulait pas réfléchir (Rires). C'est vrai que cette chanson est un peu plus poétique, d'où le travail avec la langue française qui a permis tout cela. On a laissé Niko l'écrire de cette manière. Et même avec un son péchu sur la fin du titre, elle garde sa poésie.

L&T: L'album a été composé pour la scène?
Seb: On fait en sorte que tous les morceaux soient jouables sur scène. L'idée est quand même de montrer tout ce qu'on sait faire. Ca nous permet également de changer régulièrement nos set list. On veut être capable de tout jouer sur scène. Donc oui, les compositions sont faites en direct pour la scène. Même si quelque fois on les joue un peu différemment sur les albums.

L&T: Vous avez fait 2 EP. Vous préférez rester sur cette formule de 5, 6 titres plus percutants, plutôt que partir sur un album d'une douzaine de titres qui vous prendrez plus de temps?
Seb: On ne sait pas encore. C'est vrai que cette formule permet d'avoir une visibilité et plus de présence. Ca permet également de changer d'univers plus régulièrement. Un EP c'est moins long à produire et on peut plus vite les défendre sur scène. Un album c'est 1 an, voir 1 an et demi de préparation donc c'est quand même beaucoup plus long. Maintenant avec le numérique et les réseaux sociaux, il vaut mieux produire des clips plutôt que de les afaire en album. Quitte à sortir un morceau unique, qui n'apparaîtrait sur aucun album. Ce serait juste un "One Shot".

L&T: On peut parler de la pochette. Que représente cette main tendue vers cette ombre de femme?
Seb: Cette main cherche à retenir cette femme. C'est tiré du titre "Leaving". C'est aussi
une forme d'utopie. On voit les années passées que l'on n'arrive pas à récupérer. Si on va dans la métaphore, on voit aussi le sort de la planète pour laquelle on ne peut plus rien faire. Cette femme qui échappe à l'homme est un peu le sort de la Terre qui nous échappe. Il peut y avoir une multitude d'interpétations. C'était l'idée maîtresse que d'avoir sa propre interprétation.

L&T: On n'en a pas parlé avant, mais quelles sont vos références musicales ?
Seb: On va dire Deftones, Gojira, Ghost, Alter Bridge. On est assez multiples dans nos références.

L&T: Peux tu définir le groupe en 2 ou 3 mots ?
Seb: C'est compliqué. Fêtard, émotion, puissance.

L&T: Dernière question: quel est le dernier morceau, dernier album ou groupe que tu as écouté?
Seb: Je l'ai écouté ce matin. C'est Deftones. Rien de mieux pour se réveiller.

L&T: Merci pour cette interview
Seb: Merci à toi aussi.
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