interview

Amahiru
Une rencontre téléphonique avec Frédéric Leclercq (Ex Dragon Force, Sinsaenum, Kreator) qui nous présente "Amahiru" , groupe qu'il a créé avec la guitariste japonaise Saki (Mary's Blood, Nemophila). Il nous parle de leur album éponyme sur lequel on retrouve également Coen Janssen (Epica) et Mike Heller (Fear Factory, Raven) ainsi que Archie Wilson au chant. Une rencontre de talents pour un album original aux accents Hard, Heavy, Prog et Thrash saupoudrées de sonorités asiatiques. Une petite pépite en ce temps ternes.

L&T: Salut Fred, peux tu nous présenter le groupe Amahiru, et tout d'abord pourquoi ce nom ? Ça a une signification particulière ?
Frédéric: On cherchait un nom de groupe et je pars du principe que c'est mieux d'arriver avec un mot inventé plutôt qu'un mot qui existe déjà car dans le métal tout commence à être déjà pris. Pour "Sinsaenum" au départ je voulais appeler le groupe "Dead Souls" car on a un morceau qui s'appelle comme ça et je trouvais que ça sonnait bien, mais je me disais aussi que ce n'était pas très original. Et quand j'ai cherché sur internet, j'ai trouvé pleins de groupes qui avaient déjà ce nom. Et en discutant avec Joey Jordison, il m'a dit que ce serait mieux d'inventer un nom de groupe. Et j'ai gardé son idée, car c'est lui qui a trouvé "Sinsaenum", et je l'ai appliqué pour "Amahiru". En fait j'ai fait un rêve et quelqu'un me disait de signer mon groupe "Amahil" le 13 Septembre. C'était étrange, et quand je me suis réveillé, j'ai cherché "Amahil". Et si on devait le faire à la japonaise comme c'est une langue qui fonctionne en syllabaire, en gros les mots ne se finissent pas par une consonne, et donc le "Hil" se transformerait en "Hiru". J'ai envoyé un message à Saki, pour voir son avis et savoir si cela voulait dire quelque chose. Elle m'a répondu que ça ne voulait rien dire, mais que ça sonnait bien. Et en cherchant un peu plus, j'ai vu que "Amahiru" cela veut dire "13" en basque, mais ça s'écrit avec un "H" "Hamahiru". J'ai trouvé que cela faisait beaucoup de coïncidences avec mon rêve, et donc on a décidé de le garder. Voilà pourquoi on s'appelle comme ça.
Sinon le groupe est composé de Saki qui est japonaise et qui joue de la guitare dans un groupe qui s'appelle Mary's Blood et un autre "Nemophila". Son groupe ouvrait pour Dragon Force et on est resté en contact depuis. On est devenu amis et c'est comme ça qu'on a décidé de monter ce groupe ensemble. Ensuite il y a Coen Janssen au clavier qui joue avec Epica, et à la batterie on a Mike Heller de Fear Factory et Raven et au chant c'est Archie Wilson qui ne joue pas dans des groupes connus, mais qui gagne a être connu car c'est pour moi un des éléments forts de cet album. Quand à moi, je joue de la guitare et de la basse et j'ai beaucoup composé, et je me suis occupé de la production.

L&T: Comment vous est venue l'idée de créer ce groupe avec Saki ?
Frédéric: C'est tous les 2. Comme je te disais, on est amis, et quand tous les éléments sont réunis comme avec elle. Elle joue bien de la musique, elle est sympa, on s'entend bien, tout est coché pour, pourquoi pas, faire quelque chose ensemble. L'idée est venue au fur et à mesure qu'on s'est croisé. Quand j'allais régulièrement au Japon, on en discutait, et on s'est rencontré de manière plus officielle avec son manager et son label avec qui je bossais avec "Dragon Force" et "Sinsaenum" et je crois même que Kreator y est aussi. Et comme ça intéressait tout le monde, on s'est lancé. C'est l'avantage d'avoir déjà un pied dans le business, on ne passe pas par la case "répét dans le garage". Avec notre petite réputation au Japon, elle avec ses groupes et moi avec les miens, ça nous a ouvert des portes plus rapidement.

L&T: Et ensuite comment on recrute des mecs comme Coen Janssen et Mike Heller ?
Frédéric: Tout simplement parce que c'est des amis. On s'entend bien. Coen, on a tourné ensemble en 2015 et on est resté en contact. Quand à Mike, on s'est rencontré en Australie et on s'est recroisé au Japon au moment où j'étais entrain de finaliser l'écriture des textes avec Saki, et il jouait avec Raven là bas. On s'est vu, passé la soirée ensemble. Mais il faut que je t'explique qu'à la base, le batteur avec qui je voulais travailler c'était Sean Reinert, le batteur de Cynic. Malheureusement il est décédé en début d'année 2020. C'était pareil, une histoire d'amitiés et de sympathie. On voulait même faire un album de Jazz Fusion ensemble, un truc qui n'avait rien à voir avec le métal. Mais ça n'a jamais eu l'occasion de se faire. Et quand j'ai monté le projet d'Amahiru, c'est à lui que j'ai pensé. En plus, c'était quelque chose un peu à contre emploi de ce qu'il faisait. Ce que tu entends sur l'album, Hard Rock Heavy Metal un peu mélodique, technique, mais pas comme du Cynic. Malheureusement pour des raisons d'emploi du temps, il n'a pas pu enregistré l'album en studio. Il n'a pu faire qu'un seul morceau qui servait de test.
Et par la suite, malheureusement il nous a quitté. Et on a conservé le morceau en hommage et on le retrouve sur tous les supports. Et donc du coup, j'ai contacté Mike, qui était disponible pendant quelques temps, et il a enregistré les batteries.
Ça peut paraître compliqué vue de l'extérieur de trouver des gens pour faire des albums, mais quand, comme moi, tu fais ce métier depuis une vingtaine d'année, la plupart de mes contacts sont des musiciens plus ou moins connus, donc pour moi finalement c'est simple. Mais le critère est qu'il faut que ce soit des gens avec qui je m'entends bien. Si c'est pour faire un line up "avec des gros noms" mais qui n'est pas une connexion ou un feeling derrière, ça ne m'intéresse pas.

L&T: Tu l'as dit c'est toi qui a composé, mais comment vous avez travaillé pour cet album car vous n'êtes pas vraiment à proximité les uns des autres ?
Frédéric: Ce n'est pas trop un problème pour l'enregistrement. Comme ce sont des musiciens pro, ils ont chacun leur "home studio" et donc je n'ai pas besoin d'être derrière eux. On peut discuter par mail, ou par téléphone quand  il y a besoin de définir certaines choses. Et comme je leur fais confiance, je leur laisse une marge de manoeuvre assez importante. Ce que Mike par exemple m'envoyait était super à 90% et je lui demandais si il pouvait changer cette partie là ou un autre petit passage, et hop c'était fait.
Par contre pour ce qui est de la composition elle même, l'idée était que ce soit Saki et moi qui travaillions ensemble. Au retour d'une tournée avec "Sinsaenum", je me suis reposé, puis j'ai enchaîné avec et album pour lequel j'avais déjà quelques idées. Et les idées se sont enchaînées, et Saki en avait moins car elle sortait de la fin de la compo d'un album avec son groupe. Je me suis dit que c'était important d'aller au Japon pour finaliser tout ça et vraiment travailler avec elle pour pas qu'elle ne se sente lésée car c'était notre projet à tous les 2. Un morceau comme "Ninja No Tamashii", l'instrumental, j'ai composé ça à 95%, je pense que c'était de le faire avec Saki, dans la même pièce pour qu'elle puisse donner son avis, apporter des changements si besoin, pour qu'elle participe et qu'on ressente les morceaux tous les 2. C'était vraiment important de faire ce travail de finalisation ensemble. Pendant 3 semaines, on a passé tous les morceaux en revue. On en a recréer ensemble. On a bossé sur des arrangements.

L&T: Il y avait des mélodies ou des riffs que tu avais déjà en stock ou bien tout est venu de votre collaboration ?
Frédéric: J'avais quelques trucs qui étaient déjà en stock. Je pense au refrain de "Hours", le riff principal de "Innocents" sinon le reste est venu de cette collaboration avec Saki, de mon rapport avec le Japon car j'adore ce pays. Et faire une collaboration un français et une japonaise, ça motive. Tu te dis que c'est génial, on va pouvoir aller dans cette voie là. Pour simplifier, dans Dragon Force j'étais plutôt muselé, même si j'ai composé les 3/4 de l'album "Reaching into Infinity", il y avait un cahier des charges à respecter parce que ça s'appelle Dragon Force les gens attendent certains trucs comme des solos qui speedent, voix aiguës tout le temps.... Il y a des choses que tu ne peux pas faire et cela m'ennuie. Tandis que là, avec Saki, j'avais totale carte blanche. Donc j'ai pu pleinement m'exprimer. Les gens qui ont écouté et aimé "Reaching into Infinity" retrouveront dans "Amahiru" des compositions sans muselière. Donc c'était pas trop du stock, mais vraiment des musiques inspirées par nos é inspirations.

L&T: Pour les textes aussi, vous abordez des thèmes assez larges ?
Frédéric: Oui oui c'est assez larges. C'est un peu auto-biographique ou un peu fantaisie. Tu vois "Samouraï" c'est ce que je peux imaginer de ce peut être un samouraï sur un champ de bataille. Je ne prétends pas avoir écrit du Baudelaire tu vois, c'est juste qu'il faut que le texte colle bien avec la musique, et que ça raconte des histoires. C'est comme ça que je vois la musique. Je prends souvent comme exemple  "Hey Stoopid" d'Alice Cooper. Il y a des thèmes sérieux, d'autres plus légers et assez divers au niveau musical, mais il y a ce sentiment de "on se sent bien". Et c'est ce que je voulais faire avec "Amahiru" car j'aime bien "Hey Stoopid" (Rires), même si l'univers musical est bien différent avec du thrash, du prog. Un morceau comme "WTTP" c'est totalement auto-biographique. Il est 7h du mat, je suis encore debout et j'avais que je ne le ferais plus. Bon là, c'est du vécu (Rires). C'est léger, c'est la fête, ça va parfaitement avec le morceau. "Hours" c'est un couple qui ne s'entend plus et qui se retrouve après. Bon c'est pas le cas pour moi car je suis le plus heureux des hommes avec mon mariage, mais ça m'est déjà arrivé avant. Ce sont des histoires qui sont simples. Je n'avais pas besoin de parler de dragons ou de futurs. Je n'avais pas besoin de faire du "Glorieux". Je peux écrire sur  des sujets qui me parlent plus. "Innocent" c'est quelqu'un qui paraît charmant, mais en fait, il y a un peu de traîtrise derrière tout ça. Donc des constats, du vécu, mais sans trop se prendre la tête.

L&T: Vous avez utilisé des instruments typiquement japonais mais au final, même si il y a des touches de Métal japonais vous n'avez pas plongé totalement dedans ?
Frédéric: Non. Le but était de faire quelque chose d'universel, de mondial plutôt, et l'intérêt était que l'orient rencontre l'occident tu vois. C'était faire un mélange des 2. Il y a un français et une japonaise et on voulait un mélange de cultures. Beaucoup de passages qui sonnent asiatiques viennent de moi. L'intérêt que je porte au Japon est proportionnel à celui que Saki porte aux groupes occidentaux. Et c'est bien car ça m'a permis de "plonger" dans ces sonorités asiatiques mais avec son point de vue à elle. Et c'était super intéressant pour moi qui suis fasciné par le Japon et la musique asiatique. Et avoir un virtuose du shakuhachi, un instrument à vent traditionnel japonais, comme Kifu Mitsuhashi qui est très reconnu là bas, que moi personnellement je ne connaissais pas, c'est valorisant. C'est Saki qui a eu son contact et il est venu sur des compositions à elle. On a des samples sur l'album, mais avoir un joueur comme lui qui joue sur "Ninja No Tamashii" qui est la traduction de Ninja Spirit qui est mon jeu vidéo préféré. C'est des petits trucs dans ma tête qui me réjouissent.

L&T: On sent déjà dans cette interview que tu as pris beaucoup de plaisir à faire cet album. D'ailleurs quand on regarde de plus près la set list, il y a 3 morceaux instrumentaux, 3 morceaux "stylés" Japon, et le reste plus "classique" dans le style Rock Métal, il fallait trouver cet équilibre ?
Frédéric: Comme tu dis, ce n'est pas un enthousiasme qui est feint. Ça a été composé rapidement, enregistré rapidement, bon on a mis un peu de temps pour le sortir à cause de petits soucis, puis ensuite la Covid qui a encore repoussé tout ça. Et même si cet album est fini depuis presque un an maintenant, je suis encore enthousiaste comme si on avait fini de l'enregistrer et de le mixer il n'y a que quelques jours. Je trouve que c'est vraiment un super album. Différent en tous cas avec ceux que j'ai pu faire avant.
Mais c'est vrai que la balance est bonne sur tout l'album et on retrouve quand même ces touches asiatiques sur quasiment tous les morceaux. Je trouve qu'il y a beaucoup de liants entre les titres. Coen par exemple avec son clavier aide beaucoup, à ça, et la voix de Archie qui permet à l'album de garder une cohérence.

L&T: Il apporte une certaine puissance qui contraste bien avec la "douceur" de certains passages ou certaines sonorités.
Frédéric: On mettait des noms comme ça sur la table pour le chant, et le label de Saki je crois avait suggéré Marc Hudson de Dragon Force. Alors oui, c'était facile pour moi de lui demander. Mais au fur et à mesure que l'on composait, on s'est aperçu que ce n'était pas la voix qu'il nous fallait. Ça aurait été bien, mais ce n'est pas ce qu'on recherchait vraiment. Ça n'aurait pas eu le même impact en fait. Et j'ai pensé à Archie. Le jour où je lui ai envoyé la démo de "Bringing Me Down" je lui ai dit que sa voix pourrait sûrement collé parfaitement avec ça. Il a essayé et quand on l'a entendu, on s'est dit que "Ça y est, on a trouvé notre voix".  Et c'est là que tout s'est décidé.

L&T: Qui a eu l'idée de cette petite virgule musicale qu'est "Waves" et pourquoi ce morceau si calme juste avant la furie "Samurai" ?
Frédéric: J'aime bien ces idées de calme avant la tempête. Ce morceau fait parti de ceux composés au Japon. La plupart des titres on les avait fait avant et on s'était retrouvé pour les "fignoler". Mais certains, dont celui ci, on les a écrit là bas. On avait fait la fête la veille, on était un peu fatigué et elle a pris sa guitare, et on a envoyé quelques notes. C'était cool, naturel, doux. Le morceau allait à l'encontre de "Samouraï", de "Vanguard" et on s'est dit que c'était bien, que c'était nous aussi. Du coup, j'ai rajouté des touches un peu prog seventies à la Scorpion comme "Night Lights" sur l'album "In Trance" le morceau instru à la fin. J'aime bien ces atmosphères d'albums comme ça, comme "King for a Day" de Faith No More qui souffle le chaud et le froid tout le temps. Je n'aime pas les albums où tu retrouves 10 fois le même morceau. Et je trouve que depuis une vingtaine d'année tu as beaucoup de groupes qui jouent la sécurité. Ils vont faire tout le temps à peu près la même chose, histoire de ne pas perdre leur public. J'aime quand les albums sont diversifiés. Quand tu as ton son de guitares, tes riffs, une voix, tu dois pouvoir te permettre de temps en temps de diversifiés tes compos. J'aime bien avoir des play list comme dans cet album, diverses.

L&T: Vous avez fait comment pour les clips que ce soit "Hours" ou "WTTP", entre les confinements des uns, les interdictions de se déplacer.....
Frédéric: Ça a été tourné en février de cette année. Je suis allé au Japon pour retrouver Saki et Archie nous a rejoins. J'en ai profité pour rester 3 semaines je crois. C'était sensé être avant la tournée avec Kreator. Du coup on a fait le clip là bas. Les autres étaient occupés, c'est pour ça que ça se focalise sur Saki, Archie et moi. Et déjà, les 1ers effets du covid se faisait ressentir là bas. Il y avait des concerts qui étaient annulés, plus de papier toilette. Je ne savais pas si je pourrais avoir mon vol pour rentrer. On était un peu dans l'attente de ce qui allait se passer. Je suis rentré, et je suis allé directement faire le clip avec Kreator en Allemagne. Et le soir, on finit de parler de la tournée, on se donne rendez vous dans 2 semaines. Je reçois un message de ma femme qui me dit que les concerts de plus de 1000 personnes sont interdits. Donc j'avertis tout le monde que l'Olympia va sûrement être annulé et j'ai juste le temps de rentrer en France avant la fermeture des frontières.

L&T: C'était un projet que vous aviez en commun depuis longtemps, je veux dire sans cette pandémie, avec toi qui a rejoint Kreator, vous auriez quand même sortie cette pépite maintenant ou bien elle serait venue plus tard ?
Frédéric: Ah non. Bien au contraire. Le projet était déjà terminé. On peut même dire que ça l'a décalé dans la sortie de l'album. Car c'est pas idéal de sortir un album sans pouvoir le défendre "live" tu vois. Mais finalement, le sortir maintenant, au moment où tout le monde n'a pas vraiment le moral n'est pas un désavantage. Car c'est quand même un album positif. Si les gens arrivent à trouver un peu de réconfort à travers notre musique c'est bien. A la base, on voulait le sortir plus tôt pour pouvoir quelques petits concerts l'été, quelques festivals, ou sur des dates acoustiques comme l'avait fait Angra en faisant une tournée des FNAC. Jouer avec Loudblast qui a aussi décalé la sortie de leur album. Ça aurait pu être sympa. Il y avait pleins de petits plans comme ça.

L&T: Est ce que tu pourrais définir le groupe en 2 ou 3 mots ?
Frédéric: Mélodique, mélodique, mélodique....(Rires) Pour moi c'est ce qu'il y a de plus important. La mélodie prime sur tout.
Ou alors Mélodique, diversifié, positif.

L&T: Quel est le dernier album ou morceaux écouté ?
Frédéric: Alors ce matin j'ai écouté Unleashed "Shadows in the Deep Lyrics". En fait ça fait un bout de temps que j'avais un riff dans la tête. Et on se lève ce matin, et je me dis que j'ai un bon riff, mais je crois que ça appartient à un autre groupe. Et ça n'a pas loupé, c'était le riff de Unleashed "Shadows in the Deep Lyrics". Et j'étais bien dégoûté !!
Voilà, tu sais absolument tout de ma vie !! (Rires)

L&T: Merci beaucoup pour cet interview. Et j'ai bien aimé cet album.
Frédéric: Merci à toi pour cette interview. Content que cet album te plaise. Et surtout portez vous bien, faites attention à vous.

L&T le 27 Novembre 2020
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